... - Entrez Maud.» Amandine, d’un geste de la main, qu’elle a d’ailleurs longue et fine, l’invite à la suivre en lui désignant l’encadrement cintré d’une ouverture. Un vestibule, un escalier droit, un palier, puis à droite, un long corridor. Une odeur d’encens. Une ambiance feutrée. Une lumière douce et tamisée. Au fond, une porte, entr’ouverte : la jeune femme s’y glisse.
Maud, le cœur tout à droite battant la chamade et l’estomac noué dans la gorge, manque de défaillir. Elle est tentée de s’enfuir, de se dérober, de déguerpir. Ses jambes molles le lui en empêchent. Elle a une envie folle, irrésistible de crier « non » mais sa bouche asséchée le lui interdit. Elle tremble de tout son corps, elle frémit de toute son âme, elle vacille au sein de ses énergies, elle trémule au plus profond de son être.
Elle se recouvre assise au fond d’un fauteuil moelleux. Une fatigue insensée l’accable, la sérénité la pénètre instantanément : ni Dieu ni Diable ne sont présents dans cette pièce. Il flotte comme un sentiment éthéré de douceur, d’amour, de paix, de puissance, de grandeur, de mansuétude, de respect, de profondeur, de magnificence.
Quelques bougies, des rideaux tirés. Un crucifix, un bouddha. Un mobilier sobre, une décoration somptueuse. Une jeune femme d’un côté, une femme mûre de l‘autre. De la sensibilité partout.
La gardienne des lieux déplie un petit tapis avec déférence ; elle le dispose précautionneusement au centre de la table. Une musique aérienne presque imperceptible supplie qu’on l’entende. La lueur des chandelles prône l’illumination. Les volutes libérées par l’encens accèdent à l’extase. La volupté atteint le suprême.
Maud devient la spectatrice de son Destin. Elle flotte. Elle baigne. Elle coule. Mais ne sombre pas : elle nage dans un océan de spiritualité. Elle partage l’indivisible. Elle dissocie l’unique. Elle perçoit l’invisible. Elle ferme les yeux pour mieux voir. Elle s’imprègne de l’inexistant. Elle ressent la force de ses faiblesses.
La tarologue met au jour un jeu de cartes qu’une cassette richement décorée enfante. Lentement, elle les bât, les coupe, les recoupe. Elle en forme un tas bien arrangé qu’elle dépose au milieu du petit tapis.
- Je les ai magnétisées de mon influx, je leur ai demandé leur aide. Maintenant, vous allez diviser le jeu en deux parties avec votre main gauche. Prenez votre temps, essayez de faire le vide dans votre tête. Laissez-vous aller et concentrez-vous uniquement sur votre futur proche. N’ayez aucune pensée négative. Ayez confiance en elles. Et elles nous parlerons. »
- Je peux garder les yeux fermés ? » hésite à demander la marchande.
- Tout à fait. Cependant, lorsque je retournerai les lames qui seront pour l’instant disposées face contre table, il vous faudra les ouvrir car vous êtes venue ici pour cela. »...
Quelques bougies, des rideaux tirés. Un crucifix, un bouddha. Un mobilier sobre, une décoration somptueuse. Une jeune femme d’un côté, une femme mûre de l‘autre. De la sensibilité partout.
La gardienne des lieux déplie un petit tapis avec déférence ; elle le dispose précautionneusement au centre de la table. Une musique aérienne presque imperceptible supplie qu’on l’entende. La lueur des chandelles prône l’illumination. Les volutes libérées par l’encens accèdent à l’extase. La volupté atteint le suprême.
Maud devient la spectatrice de son Destin. Elle flotte. Elle baigne. Elle coule. Mais ne sombre pas : elle nage dans un océan de spiritualité. Elle partage l’indivisible. Elle dissocie l’unique. Elle perçoit l’invisible. Elle ferme les yeux pour mieux voir. Elle s’imprègne de l’inexistant. Elle ressent la force de ses faiblesses.
La tarologue met au jour un jeu de cartes qu’une cassette richement décorée enfante. Lentement, elle les bât, les coupe, les recoupe. Elle en forme un tas bien arrangé qu’elle dépose au milieu du petit tapis.
- Je les ai magnétisées de mon influx, je leur ai demandé leur aide. Maintenant, vous allez diviser le jeu en deux parties avec votre main gauche. Prenez votre temps, essayez de faire le vide dans votre tête. Laissez-vous aller et concentrez-vous uniquement sur votre futur proche. N’ayez aucune pensée négative. Ayez confiance en elles. Et elles nous parlerons. »
- Je peux garder les yeux fermés ? » hésite à demander la marchande.
- Tout à fait. Cependant, lorsque je retournerai les lames qui seront pour l’instant disposées face contre table, il vous faudra les ouvrir car vous êtes venue ici pour cela. »...
© Patrick Cousin de Haes - Studio Live Editions 2007
6 commentaires:
très vrai !!!
Salut et merci du partage.
C’est tout à fait par hasard, au gré de mes explorations des blogs, que j’ai atterri ici.
Beaucoup d'extraits de livres sur ton blog. Bravo! J'en déduis que tu lis beaucoup?
NOTE. Mon blog parle de la connaissance de soi. Si le coeur t'en dit, tu es bienvenu.
Bonjour Patrick ! après le musicien, le parolier ... je découvre le romancier. Bravo !!! L'émotion que ressent la "consultante" est très bien mis en relief. Bisous de FleurDuCiel
Je reviendrai lire les autres extraits. Bon WE
Salut Pat !
Juste de passage ...
Au plaisir de te lire prochainement ...
"Lentement mais sûrement"
Bisous
Michèle
salut Patrick ! Tu m'avais dit que ton prochain livre serait édité probablement en mars 2010, nous sommes en avril 2011 ??? Tu sais que je suis très patiente. Alors j'attends " lentement mais sûrement" ! Nous ne sommes pas "aux pièces", le travail a la chaîne, c'est pour les grandes entreprises. A bientôt j'espère ! Et au plaisir de te lire. Bisous amicaux. Michèle ou Fleur du Ciel
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