...Encore très essoufflé par le sprint qu’il vient d’effectuer, Albert arrive quelques minutes plus tard devant la salle de spectacle. Il achète une place à la caissière et pénètre, très intimidé, dans une vaste entrée dont les murs sont tapissés de tissus rouges. Sans même regarder l’homme qui vérifie son billet, il fixe son attention sur une porte à double battant percée d’un petit hublot souligné d’un cercle de cuivre. Il la pousse et s’aventure enfin parmi l’assistance. Il prend place inconsciemment fasciné par l’endroit. Il adore cet univers, composé du public sur le devant et de privilégiés sur la scène et dans les coulisses. Il respire cette atmosphère qui hume bon la comédie ou le drame. Où les phrases et les vers s’envolent des livres et des livrets. Il attend l’homme-objet de sa curiosité.
Répondant à son appel, les rideaux s’ouvrent et le comédien entre sur les tréteaux. Les lumières s’éteignent. Des applaudissements et quelques sifflets d’encouragements accueillent l’acteur qui s’approche du prescenium :
- Bonsoir cher public ! Quelle surprise pour moi de vous voir encore si nombreux ce soir, ici, au Théâtre des Trois Poulets ! Juste pour que je vous vole dans les plumes. Mais pas que dans les vôtres, non. Car mon nouveau spectacle s’adresse en grande partie à de drôles d’oiseaux : ceux du monde de la politique, tels nos anciens chansonniers qui haranguaient en leurs temps comme les fous du roi ou comme les clowns des empereurs, nos politicards qui eux manipulent la langue de bois. » Quelques rires fusent du noir. Albert est très concentré.
- Car voyez-vous, nos femmes et nos hommes politiques ont tous pris des cours dans des écoles où on leur apprend à parler pour ne rien dire. Ceux sont des écoles d’art ; et si certains ne fréquentent pas ces écoles, les anciens leur donnent des cours du soir et les instruisent sur l’Art de parler pour ne rien dire. Ce n’est pas de quoi ils parlent qui est important : c’est de la façon dont ils en parlent qui est essentielle. Avec cette façon de s’exprimer, la politique est devenue un Art démocritique et son enseignement atteint un Art en saignant la langue. » Nouvelles manifestations de la salle.
- Pierre Daninos en son temps avait écrit un manuel de ce langage technique novateur : je veux parler de l’Hexagonal ou le nouveau français appliqué. On apprend cette discipline dans les grandes écoles de communications, à l’E.N.A. ou en Polytechnique. Il en existe d’autres. Aussi, je vais vous donner quelques notions afin de vous ouvrir sur ces bases hermétiques. Qui tentent de vous la fermer quand vous voulez l’ouvrir. Pour se faire, j’ai besoin de quatre volontaires. » La vedette descend parmi les spectateurs et choisit avec le sourire quatre complices d’un soir avec lesquels il remonte sur l’estrade...
Répondant à son appel, les rideaux s’ouvrent et le comédien entre sur les tréteaux. Les lumières s’éteignent. Des applaudissements et quelques sifflets d’encouragements accueillent l’acteur qui s’approche du prescenium :
- Bonsoir cher public ! Quelle surprise pour moi de vous voir encore si nombreux ce soir, ici, au Théâtre des Trois Poulets ! Juste pour que je vous vole dans les plumes. Mais pas que dans les vôtres, non. Car mon nouveau spectacle s’adresse en grande partie à de drôles d’oiseaux : ceux du monde de la politique, tels nos anciens chansonniers qui haranguaient en leurs temps comme les fous du roi ou comme les clowns des empereurs, nos politicards qui eux manipulent la langue de bois. » Quelques rires fusent du noir. Albert est très concentré.
- Car voyez-vous, nos femmes et nos hommes politiques ont tous pris des cours dans des écoles où on leur apprend à parler pour ne rien dire. Ceux sont des écoles d’art ; et si certains ne fréquentent pas ces écoles, les anciens leur donnent des cours du soir et les instruisent sur l’Art de parler pour ne rien dire. Ce n’est pas de quoi ils parlent qui est important : c’est de la façon dont ils en parlent qui est essentielle. Avec cette façon de s’exprimer, la politique est devenue un Art démocritique et son enseignement atteint un Art en saignant la langue. » Nouvelles manifestations de la salle.
- Pierre Daninos en son temps avait écrit un manuel de ce langage technique novateur : je veux parler de l’Hexagonal ou le nouveau français appliqué. On apprend cette discipline dans les grandes écoles de communications, à l’E.N.A. ou en Polytechnique. Il en existe d’autres. Aussi, je vais vous donner quelques notions afin de vous ouvrir sur ces bases hermétiques. Qui tentent de vous la fermer quand vous voulez l’ouvrir. Pour se faire, j’ai besoin de quatre volontaires. » La vedette descend parmi les spectateurs et choisit avec le sourire quatre complices d’un soir avec lesquels il remonte sur l’estrade...
© Patrick Cousin de Haes - Studio Live Editions 2008
1 commentaire:
J'ai bien ri !!!
merci pour tous ses bons moments !!
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