vendredi 21 novembre 2008

Ma balade printanière (extrait) de Patrick Cousin de Haes

Ma balade printanière.

Je promenais mon chien comme tous les soirs à la même heure. En ce début de printemps, la nuit s’annonçait magnifique, tiède et douce. L’air serein était noyé de nouveaux parfums parmi lesquels je distinguai ceux de la terre chaude et des herbes fraîchement coupées. Mon compagnon à quatre pattes humait un vent paisible qui semblait faire valser les branches fleuries des fruitiers s’alanguissant au coucher de soleil dans les vergers alentours.

M’étant suffisamment attardé, je sifflai mon petit animal qui accourut avec ses jappements familiers. Nous empruntâmes le trajet du retour alors qu’une voiture roulant à très vive allure déboucha d’un virage et s’approcha dans notre direction. Un curieux sentiment d’inquiétude naissant me fit appréhender le fait qu’elle paraissait foncer droit sur nous. Je m’arrêtai soudain de marcher, plaquant entre mes jambes mon petit ami canin, nous serrant le plus possible sur le bas-côté de la route. J’étais ébloui par la lumière agressive des phares et je sentis mon cœur battre à tout rompre. Le bolide finit par nous frôler à quelques dizaines de centimètres, ralentit tout de go et stoppa un peu plus loin, dans un terrible crissement de frein. Il s’immobilisa juste à l’embranchement d’une piste forestière, en plein travers.

Une jeune femme, blonde, élégante, en descendit précipitamment, traversa la chaussée et disparut en courant derrière un bosquet.
Je fus très intrigué par ce comportement pour le moins singulier, cette personne se révélant suffisamment affolée pour abandonner ainsi son véhicule tous phares allumés, le moteur en marche et la portière grande ouverte. Serait-elle souffrante, aurait-elle été assaillie par un occupant ou tout simplement en proie à un besoin pressant et naturel ?
Scrutant de loin l’habitacle, je n’y vis aucun individu. Alors, presque rassuré, et par pudeur, je décidai finalement de quitter les lieux, m’amusant de cette naïveté qui avait piqué ma curiosité et ébranlé mon imagination.

Tout de même, j’avançais lentement au grand bonheur de mon toutou qui gambadait gaillardement dans les fourrés odorants. J’écoutais, j’essayais de discerner le rugissement de la grosse cylindrée qui allait redémarrer d’un instant à l’autre...
© Patrick Cousin de Haes - Studio Live Editions 2006

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ma préférée !!!!!

On s'y croirait !!!!

bonne continuation patrick !!!

FleurDuCiel a dit…

Bonjour ! La lecture des autres extraits est faite ... J'ai passé un agréable moment. A bientôt ! Bisous de FleurDuCiel